La justice est souvent représentée les yeux bandés, symbole de son impartialité envers tous, quels que soient leur statut ou leurs apparences. Pourtant, dans The Judge Returns, la Cour suprême sud-coréenne semble protéger uniquement ceux au sommet de l’échelle sociale, ignorant les plus démunis et privilégiant l’argent plutôt que l’équité. Cette série explore le parcours périlleux d’une rédemption dans les méandres de la loi.
Attention, spoilers des épisodes 1 et 2 !
En 2035, Lee Han Young (Ji Sung) s’est forgé une réputation en tant que juge principal, un statut largement dû à son mariage avec la fille d’un des plus grands cabinets d’avocats du pays. Cependant, ce pouvoir apparent n’impressionne pas sa belle-famille, en particulier son beau-père, Yoo Sun Chul (Ahn Nae Sang), qui le considère comme un pion utile pour obtenir des faveurs auprès des hommes d’affaires et des politiciens. Dès le début, Han Young est présenté comme un personnage complexe et ambivalent, tirant profit de sa situation malgré un malaise certain.
Après dix ans à jouer le rôle de marionnette au tribunal, la lassitude le gagne, surtout après avoir rendu un verdict en faveur d’une entreprise chimique, poussant une jeune femme au désespoir et au suicide. Cette affaire provoque une vague d’indignation et le pousse à vouloir se détourner de ces manœuvres douteuses. Mais ni Sun Chul ni sa propre femme, Yoo Se Hee (Oh Se Young), ne sont prêts à le laisser partir. Même la mort de sa mère, rongée par la honte, ne lui laisse pas l’espace pour un deuil digne, illustrant avec force comment la cupidité écrase les vies humaines.
Contre son gré et poussé par le président du tribunal, Kang Shin Jin (Park Hee Soon) – qui s’annonce comme l’un des principaux antagonistes – Han Young est chargé d’un nouveau procès impliquant Jang Tae Sik (Kim Bup Rae), le président corrompu du S Group. Les véritables méchants de cette histoire ne sont pas des monstres sanguinaires, mais bien ceux qui, grâce à leur argent et leurs relations, peuvent plier la loi à leur volonté sans le moindre scrupule.
Acculé, Han Young n’a d’autre choix que de présider le procès. Mais, rompant avec ses chaînes pour la première fois, il utilise son autorité de juge pour condamner Jang Tae Sik à dix ans de prison. Pourtant, repartir à zéro s’avère plus difficile que prévu. Han Young se retrouve bientôt derrière les barreaux, expérimentant directement l’oppression et les mauvais traitements réservés aux sans-pouvoir. C’est lorsque sa vie est entièrement brisée qu’il comprend qu’il n’a jamais eu la moindre chance de lutter contre ceux qui le dominent, pas même en tant que juge.
Parallèlement, la procureure Kim Jin Ah (Won Jin Ah) est déterminée à faire tomber Jang Tae Sik. Elle n’hésite pas à approcher Han Young pour le convaincre de se joindre à sa cause. Respectueuse des règles mais n’hésitant pas à les contourner, elle semble promise à devenir une alliée précieuse pour Han Young, bien qu’impuissante face à son destin immédiat.
Le meilleur rebondissement de cette histoire survient lorsque tout semble perdu pour Han Young : au bord de la mort, il obtient une seconde chance. Il est projeté dix ans en arrière, au moment de son tout premier procès en tant que juge. Incrédule mais résolu à rectifier le cours des choses, il rend même une sentence de mort contre Kim Sang Jin (caméo de Bae In Hyuk), qui se révèlera plus tard être un tueur en série. Cette opportunité transforme radicalement son attitude et son apparence. L’ancien juge lugubre et froid laisse place à un homme espiègle, vif d’esprit et courageux, prêt à risquer sa toge pour protéger ceux qui en ont besoin.
Parfois lent et étouffant, le récit sait créer une tension suffisante pour captiver le spectateur. Il faut un acteur aussi expérimenté et polyvalent que Ji Sung pour incarner un personnage oscillant entre la détresse absolue, une détermination glaciale et un charisme parfois teinté d’humour. À partir de là, on peut s’attendre à une intrigue encore plus enchevêtrée et palpitante, alors qu’il tentera non seulement de changer son destin, mais aussi de faire tomber ceux qui ont détruit sa vie. Accrochez-vous, le juge est de retour, et il a soif de justice !



